Tysabri

Tysabri est le nom donné par les laboratoires Biogen au natalizumab.

Il est resté longtemps le seul traitement de seconde ligne vraiment efficace dans les SEP agressives, essentiellement dans les SEP rémittentes-récurrentes, mais également parfois dans les SEP secondairement progressives actives avec poussées.

C'est un immuno-modulateur, c'est à dire qu'il modifie la façon dont le système immunitaire agit dans le corps.

Il présente toutefois des risques, et notamment le ô combien célèbre risque de LEMP. Mais c'est quoi, ce truc ?

Fréquence et mode d'administration

Le Tysabri est administré sous forme de perfusion, en intra-veineuse.

Ces perfusions ont lieu toutes les 4 semaines, en hôpital de jour.

Un bilan sera effectué avant la perfusion, afin de s'assurer que le corps n'est pas déjà en train de se battre contre quelque chose de particulier, puis le traitement sera validé par un médecin, et la perfusion pourra débuter.

On compte généralement une journée entière de présence, et environ 1h30 à 2h de perfusion, suivies d'un "rinçage".

Le mode d'action : Tysabri, comment ça marche ?

Lorsqu'un corps étranger rentre dans le corps (par exemple une écharde, un gravillon, etc) les anticorps présents dans le sang s'approchent aussi près que possible du site à "nettoyer", et montrent patte blanche à la barrière entre le sang et les tissus, afin de pouvoir traverser et aller faire le ménage.

Dans la sclérose en plaques, le problème est que dans le système nerveux central, cette barrière "hémato-encéphalique" peut être franchie sans que les anticorps aient une bonne raison de le faire. C'est cette perméabilité qui leur permet de sortir "n'importe où", et d'aller attaquer la myéline alors que rien autour ne le justifiait.

Le Tysabri agit en bloquant le mécanisme de bascule qui permet aux anticorps de traverser cette barrière : en empêchant les anticorps de se coller à la porte de sortie, il les empêche de sortir des vaisseaux sanguins !

Du coup, les anticorps ne peuvent pas quitter le sang, donc ils ne peuvent pas aller faire de bêtise !

Mais alors... quel est le risque ?

Le risque provient du fait que les anticorps ne sont à l'origine pas là pour faire beau : ils sont là pour nous protéger, ils constituent la Police du corps.

Or, si les anticorps véreux prêts à nous trahir ne peuvent pas sortir faire n'importe quoi... les braves anticorps qui nous défendaient contre les attaques ne peuvent pas non plus faire leur travail !

Et un virus en particulier sait profiter de cette aubaine. Il s'agit du JC virus, le virus de John Cunningham.

Ce virus est porté par la majorité des gens que nous croisons dans la rue, mais il est très bien géré par le système immunitaire, qui l'empêche tout simplement de s'exprimer. Donc les gens autour de nous sont porteurs sains, c'est-à-dire qu'ils sont porteurs du virus, mais ne développent aucune maladie particulière.

Or, lorsqu'on est sous Tysabri, la situation change : le virus peut décider de rester sage et inactif... mais si jamais, à force de se balader dans le corps, il décide d'aller faire un petit tour du côté du système nerveux central... la Police étant bannie, il est libre de ses agissements !

Et un virus JC qui se fait plaisir, c'est un peu comme une maxi-poussée fulgurante de sclérose en plaques : en attaquant/infectant les oligodendrocytes, le virus induit une démyélinisation progessive extrêmement rapide. En quelques jours les premiers symptômes doivent amener à consulter très rapidement le neurologue, parce que la destruction induite par le JC virus n'est pas réversible, et elle peut entraîner la mort.

C'est pourquoi lorsqu'on commence un traitement par Tysabri, on nous remet une petite plaquette d'information à faire lire à nos proches, pour les sensibiliser et leur demander d'être attentifs à certains changements de comportement, notamment, qui doivent les amener à nous inciter à consulter !

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Date de dernière mise à jour : 17/01/2020

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